Talentueusement évoqué par Mme Maryline Dandois, secrétaire des Associations Patriotiques de Saint-Aubin, voici un extrait du discours : .
…/ »Et voici qu’en cette année si particulière, notre hommage prend un sens encore plus profond.
Nous célébrons en effet le Centenaire du Monument aux Morts de notre village.
Depuis cent ans, il se dresse ici, au cœur de Saint-Aubin, comme un témoin silencieux de notre mémoire collective.
Il porte les noms de ceux qui ont donné leur vie pour la liberté, et à travers eux, il porte aussi la douleur et la fierté d’une communauté tout entière.
Permettez-moi, en ce jour si symbolique, de prêter ma voix à ce monument, afin qu’il nous raconte son histoire, celle qu’il garde en lui depuis un siècle.
Je suis le gardien silencieux de votre mémoire.
Érigé voici un siècle, je suis né de la douleur profonde et de la gratitude sincère que cette terre porte pour ses enfants tombés.
On m’a confié à l’automne d’une époque brisée, lorsque la grande Guerre avait consumé tant de vies, et que la communauté ne pouvait oublier.
Sous les mains patientes et inspirées de l’artisan-sculpteur Ernest Lahaye, j’ai pris forme.
Ce maitre de la pierre a gravé non seulement des noms, mais un hommage vivant, celui d’un village entier à ses héros.
Mes pierres s’ancrent dans le sol de ce village, mes lettres sont l’écho de ceux dont la voix s’éteignit en pleine fleur de l’âge.
Je porte leurs noms, leur courage, leur sacrifice.
Depuis cent ans, je veille.
J’ai vu défiler les générations, entendu les silences respectueux, accueilli les fleurs et les pas des enfants devenus grands.
Je suis la voix de ceux qui ne sont plus là pour parler, mais que votre souvenir garde debout.
Je vous rappelle que la paix est un pacte fragile, qu’elle exige vigilance, respect, et la transmission d’un héritage.
Aujourd’hui, en ce centenaire, je ne demande qu’une chose :
Ne me laissez pas devenir un simple décor.
Continuez à vous rassembler, à nommer, à raconter.
Tant que vous le ferez, je resterai vivant, témoin humble et fidèle de la mémoire et de la promesse de paix.
Érigé il y a cent ans, il ne se dresse pas seulement comme un bloc de pierre :
il est une parole gravée dans la durée.
Ce monument, témoin immobile de notre gratitude, a vu défiler les générations : les enfants des écoles, les anciens combattants, les élus, les familles.
Il a recueilli les silences, les prières, les larmes parfois.
Et s’il demeure, c’est parce que notre communauté n’a jamais cessé de croire en la force du souvenir.
Il est d’ailleurs adossé à notre école communale, ancienne maison communale, un symbole fort du lien entre mémoire et transmission.
Et c’est précisément en raison des travaux d’isolation menés à cette école que l’hommage du Centenaire a été reporté d’un an.
Mais loin d’être un contretemps, ce report marque la vitalité de notre patrimoine vivant : celui d’une commune qui, tout en modernisant ses bâtiments, continue de préserver ce qui fonde son identité.
Ce monument, restauré et respecté, nous rappelle que l’histoire ne s’efface pas : elle se prolonge à travers nos gestes, nos paroles et nos valeurs.
À ceux dont les noms sont gravés ici,
à ceux dont les visages se sont effacés dans le temps,
à ceux qui ont cru en un avenir meilleur,
nous disons aujourd’hui, cent ans plus tard :
Nous ne vous oublions pas.
Que ce monument, né du chagrin et de l’espérance, demeure pour les générations futures le symbole de la paix et du courage des Saint-Aubinois.
Qu’il soit pour nos enfants un repère,
pour nos ainés un hommage,
et pour nous tous une invitation à la paix et à la fraternité. »…/
L’appel des morts a été prononcé par M. Philippe Paquet, trésorier, avant le dépôt de fleurs, par MM. Antonin Collinet, Bourgmestre, pour la commune de Florennes, René Lebrun, pour les Associations Patriotiques et des enfants.
Avant l’hymne national, M. Collinet a clôturé la cérémonie par un touchant et réaliste message évoquant, notamment, la situation socio-politique actuelle de notre pays et de ses voisins.











