Hommage solennel au Capitaine-Commandant Auguste BOULVIN, avec le dévoilement d’une nouvelle plaque dans la rue qui porte son nom, depuis des temps immémoriaux.
Une cérémonie honorée par la présence d’une dizaine de membres de sa famille et un élogieux discours de René Lebrun.
Pour conclure, avant la sonnerie « Aux Champs », il a ensuite fleuri la plaque, avec M. Jean-Yves Sainthuile, président des associations patriotiques de Florennes.
Voici un extrait du discours prononcé, par René Lebrun au nom des Associations Patriotiques.
…/ « Couramment, le nom de Boulvin est évoqué à chacune de nos visites au monument aux morts. Sa tombe, en notre cimetière, est fleurie à chaque occasion. Quotidiennement, neuf familles sont liées, par leurs adresses postales, à la rue Auguste Boulvin.
Ce dernier est un véritable héros.
En collaboration avec la commune de Florennes et le comité patriotique florennois, sur une proposition de son Président, le comité des Associations Patriotiques de Saint-Aubin, tient, aujourd’hui, à lui faire honneur.
…quelques extraits du livret d’hommage rendus par ses compagnons, hauts-gradés et subordonnés : Auguste Boulvin est né le 14 septembre 1888, en la vénérable demeure qui nous surplombe, alors communément appelée « Ferme Boulvin » – Il est le fils d’Eugène Boulvin et de Marie Poncelet – 3e d’une fratrie de six enfants.
Il n’a laissé aucun descendant. Dès l’âge de 10 ans, Auguste Boulvin entre à l’Institut Saint-Berthuin, à Malonne. Il y reste sept ans avant d’entrer à l’Ecole Militaire, animé par un véritable idéal patriotique.
Il en sort brillamment, classé avec un des premiers numéros. Cela lui vaut d’être directement affecté dans la cavalerie. Après l’école d’équitation à Ypres, il rejoint le 1er Régiment des Chasseurs à cheval, à Tournai.
En 1912, âgé de 24 ans, il est promu au grade de Lieutenant. Brillant officier, parfait gentleman, il est apprécié de toute la garnison.
En 1914, il prend part au concours d’admission à l’Ecole de guerre.
À la suite de la déclaration de guerre, celle-ci cesse ses activités. La guerre éclate. Il rejoint immédiatement le front et son comportement ne cesse d’être exemplaire. Dans son rapport du 16 novembre 1914, le Commandant du 3e Escadron de la 3e Brigade écrit ceci : Le 24 aout, le Lt Boulvin est envoyé en reconnaissance vers Sempst, …arrivé au pont de Sempst à la nuit tombante, cet officier a combattu à pied des cavaliers ennemis occupant ce pont. Pendant ce combat, les chevaux se sont enfuis vers Malines. Le Lieutenant Boulvin démonté et au contact de l’ennemi aurait pu se retirer. Il fit parvenir au Général et au Colonel un rapport signalant ce qui s’était passé et demandant des chevaux afin de pouvoir continuer sa mission. Le lendemain matin, attaqué par des forces d’infanterie il défendit le pont aidé d’une dizaine de carabiniers. Blessé grièvement, une balle lui ayant traversé le cou de part en part et se trouvant dans une situation très critique, presque entièrement cerné, il continua à diriger ses hommes qu’il ramena sans pertes. Il fit preuve en cette circonstance, de beaucoup de sang-froid et d’énormément d’énergie. Dès que ses forces le lui permirent, il rejoignit son escadron et fit toujours preuve de belles qualités militaires. En conséquence, j’estime qu’il y a lieu de proposer cet officier pour une haute distinction honorifique. » Fin de citation. Cité à l’ordre de l’armée, la médaille de l’Ordre de Stanislas de 3e classe lui a, ainsi, été octroyée.
Et la guerre se poursuit … Plusieurs mutations interviennent. – En février 1915, au 2e bataillon de Carabiniers Cyclistes. En janvier 1916, il est à nouveau blessé, à la main droite, cette fois. Pour ses actes de bravoure, il est décoré de la Croix de guerre, le 16 du même mois.
Le 31 aout 1916, il est désigné Commandant de la 1ère compagnie. Chacun de ses départs suscite des regrets parmi ses hommes pour lesquels il est un modèle. Il est celui « pour qui on se ferait tuer ». Jamais téméraire, il n’expose pas inutilement sa troupe. La bonne humeur règne dans sa compagnie et malgré une discipline sévère, les hommes le suivent.
L’hiver 1917 est terrible ! Les fatigues s’accumulent et le surmenage a fortement entamé ses forces. Maintes fois frappé par la fièvre, seul un sursaut de volonté le remet chaque fois dans l’action. Avant cela, il est commissionné au grade de Capitaine-Commandant d’infanterie, le 30 juin 1917. Grade auquel il est nommé, le 26 septembre 1918. Entretemps, il est désigné Capitaine en second de cavalerie, le 26 mars 1918. Le 26 octobre 1918 son Chef de corps rédige le mémoire suivant pour l’octroi de la Croix de Chevalier de la Légion d’Honneur :« Officier de la plus haute valeur. D’une modestie qui n’a d’égal que son courage calme et résolu. Conducteur d’hommes dans toute la haute acception de ce terme. A conduit sa compagnie toujours à l’avant-garde du 2e Bataillon de Carabiniers cyclistes, avec un entrain magnifique dans la poursuite de l’ennemi, notamment les 16, 17, 19 et 21 octobre 1918, à Lichtervelde, Jabbeke, Knesselaere et à l’assaut du pont de Rappenbrug ».
En 1918, pour l’offensive victorieuse, la grippe le cloue sur un lit d’hôpital. Après l’armistice, Auguste Boulvin et sa compagnie monte la garde sur le Rhin. Ses états de service sont de cinquante-quatre mois de front, du 1er aout 1914 au 17 janvier 1919. Huit Chevrons de front lui seront décernés.
La paix retrouvée, il rejoint, à nouveau, l’Ecole de guerre qui a repris ses activités. Mais pour celui qui était promis à un avenir militaire de 1er ordre, le sort en a décidé autrement !
Le 21 février 1919, la grippe espagnole l’emporte, à l’âge de 30 ans.
En ce jour de commémoration de l’armistice du 11 novembre 1918 nous tenons, bien modestement, à mieux faire connaitre ce personnage illustre. Un héros de la grande guerre que notre village est fier de compter parmi ses enfants.
Puissions-nous, toutes et tous, nous inspirer de la vie exemplaire d’Auguste Boulvin ! /… »







